Le concept de « frontières planétaires » a été proposé en 2009 par un groupe de scientifiques spécialisés dans le système terrestre et l'environnement. Ce concept désigne des limites planétaires à ne pas dépasser si nous voulons conserver sur Terre un "espace opérationnel sûr pour l'humanité" selon la formulation des scientifiques.
14.8.2020

"Les frontières planétaires" : les limites que l'humanité ne doit pas dépasser

Le concept de « frontières planétaires » ou « limites planétaires » a été proposé en 2009 par un groupe de scientifiques (dirigés par Johan Rockström et Will Steffen) spécialisés dans le système terrestre et l'environnement. Ce concept désigne des limites à ne pas dépasser si nous voulons conserver sur Terre un "espace opérationnel sûr pour l'humanité" selon la formulation des scientifiques, c’est-à-dire un environnement dans lequel nous pouvons espérer éviter les modifications brutales et imprévisibles des conditions de vie.

Les frontières & leur seuil

Ces « frontières planétaires » sont des processus globaux, au nombre de 10 : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la perturbation du cycle de l’azote, de celui du phosphore, les changements de l’utilisation des sols, l’acidification de l’océan, l’utilisation mondiale de l’eau, l’appauvrissement de la couche d’ozone stratosphérique, l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère et l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère.

Pour chacune de ces limites, un seuil à ne pas franchir a été déterminé. Ainsi, en restant sous l’ensemble de ces valeurs-seuils, nous pouvons espérer conserver un « espace opérationnel sûr pour l'humanité ».

Au-delà des limites cependant, il existe un risque de "changement environnemental irréversible et abrupt" qui pourrait rendre la terre difficilement habitable et engendrer de l’instabilité dans le bon équilibre de ces processus.

Les limites et leur seuil

Voici quelques explications sur ces différents processus qui constituent les « limites » de notre planète.

1- Le changement climatique

L'accumulation de différents gaz (CO2, CH4, N2O, etc.) dans l'atmosphère entraîne un changement du système terrestre avec une augmentation de la température sur Terre. Ceci a une influence significative sur les changements climatiques mondiaux et régionaux (fonte des glaces, augmentation du niveau des océans, changements météorologiques, changements de la végétation, etc.).

2- L'acidification des océans

Environ un quart du CO2 émis dans l’atmosphère par les activités humaines se dissout dans l’océan et forme des acides carboniques qui acidifie l’eau en surface. Ces acides carboniques empêchent la bonne formation de la coquille ou du squelette des espèces marines. Ainsi, l’augmentation de l’acidité des océans rend difficile la survie des organismes marins tels que les coraux, les mollusques ou les planctons. La disparition de ces espèces peut modifier la structure et la dynamique des systèmes océaniques à jamais.

3- L'appauvrissement de la couche d'ozone stratosphérique

La couche d’ozone stratosphérique se trouve à 20-30 km d’altitude. Elle filtre les rayons ultraviolets du soleil. Si cette couche diminue davantage, le rayonnement UV qui entre dans l’atmosphère terrestre sera d’autant plus important et pourra provoquer un danger pour la santé humaine avec des risques de cancer de la peau. De plus, ce rayonnement peut aussi endommager l’environnement terrestre et marin.

4 et 5- La perturbation des cycles de l'azote et du phosphore

Suite à des procédés biologiques et chimiques, le phosphore et l’azote peuvent être convertis en formes beaucoup plus réactives telles que le protoxyde d’azote N2O qui est un gaz climatique. L’azote et le phosphore peuvent aussi respectivement former de l’acide nitrique et de l’acide phosphorique dans l’atmosphère et ainsi engendrer des pluies acides.

6- L'utilisation mondiale de l'eau

Le cycle de l’eau douce est fortement influencé par le changement climatique. Ces changements peuvent être brusques et irréversibles. L’eau douce se fait ainsi de plus en plus rare alors que dans le même temps le besoin ne faiblit pas avec une population mondiale en augmentation constante et une agriculture de plus en plus intensive.

7- Le changement d'utilisation des sols

Les forêts, pairies et autres types de végétation ont été convertis par l’homme en terres agricoles. Ce changement d’utilisation des sols a influencé de manière significative la perte de biodiversité en influençant les flux d’eau ainsi que les cycles du carbone, de l’azote, du phosphore, etc. Avec l’augmentation de l’utilisation agricole, l’érosion des sols est accélérée et l’utilisation de pesticides est accrue.

8- L'érosion de la biodiversité

La biodiversité englobe la diversité des organismes vivants de toute origine. L’évaluation des écosystèmes pour le millénaire de 2005 a conclu que les changements d’écosystèmes dus aux activités humaines ont été plus rapides au cours des 50 dernières années qu’à tout autre moment de l’histoire de l’humanité, augmentant les risques de changements abrupts et irréversibles.

9- L'augmentation des aérosols dans l'atmosphère

Les aérosols sont des mélanges de particules solides et liquides dans l’atmosphère, par exemple les particules fines. L’augmentation des aérosols dans l’atmosphère est principalement due à l’activité industrielle et aux transports. Les aérosols ont une influence sur les systèmes climatiques, ils influencent la réflexion et l’absorption du rayonnement solaire ainsi que la qualité de l’air.

10- L'introduction d'entités nouvelles dans la biosphère

Les émissions de substances à longue durée de dégradation telles que les polluants organiques, les métaux lourds ou encore les matières radioactives sont responsables de changements environnementaux irréversibles pour la biosphère. Même si les taux léthaux ne sont pas atteints, l’accumulation de ces polluants peut causer des dommages génétiques pour tous les êtres vivants.

Tous ces enjeux et limites globaux revêtent un caractère important pour la survie de l'espèce humaine sur Terre. Or aujourd’hui la communauté scientifique estime que déjà quatre de ces dix seuils ont été franchis et que nous nous trouvons dans un risque élevé sur les frontières correspondantes, remettant en question la stabilité de ces processus.

Ainsi, l’activité humaine a poussé au-delà des seuils limites : la perturbation des cycles de l’azote, du phosphore, mais aussi l’érosion de la biodiversité et le changement climatique.

Si ces seuils demeurent franchis de manière pérenne (c’est-à-dire si nous ne faisons rien pour inverser la tendance), les scientifiques insistent sur les conséquences désastreuses que cela pourrait avoir sur l’état de notre planète telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Chez Lakaa, nous sommes convaincus de l’importance de respecter ces limites planétaires, et qu’il est encore temps d’agir pour inverser la tendance climatique ! Si vous souhaitez en savoir plus sur ce concept ou y initier vos collègues ou collaborateurs, il est possible de l’appréhender à travers des ateliers de type Fresque du climat.

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